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Le 30 juin 2006
Philippe pèlerin 2006
Le Pèlerin de la Nuit
Un chemin de lumière
Par une nuit noire dans une sombre forêt, je m'avançais
des ombres fantastiques masquaient le chemin ou m'en dessinaient mille.
Mon sac trop pesant et la fatigue frappaient lourdement mes pieds sur le sol invisible et chaotique.
Tour à tour, mes pieds plongeaient dans le noir à la recherche de quelque certitude.
Sur la gauche, le flanc tombant de la colline, sur la droite, un fossé profond.
Cette marche incertaine dansait une danse hésitante faisant tanguer
et rouler mon sac et mon corps à contre-temps.
J'avançais dans un tunnel de verdure.
Bizarrement, il fit plus clair, il était trop tôt pour l'aurore, je vérifiais ma torche que perdu et craignant le fossé tapi dans ce labyrinthe d'ombres, j'avais allumée deux fois.
La clarté s'amplifia, puis le tunnel s'embrasa de lumière.
Mon heure était venue, la gorge serrée, mais sans crainte, je continuais.
En un instant j'avais accepté mon inéluctable destin.
Tout s'éteignit et je compris que d'un contre-bas lointain, une voiture avait,
de ces phares puissants, en grand silence, incendié le feuillage par en dessous.
Surpris, un peu déçu d'être encore en vie,amer et frustré, je me moquais de moi-même.
En même temps, je sentais que quelque part en moi, l'entrée d'un chemin de lumière m'attendait
et j'ai su que, ce jour-là, je n'aurais pas peur.
J'ai continué ma route en trébuchant, mon sac me poussait dans le dos
ou me retenait par les épaules.
Dans ces ténèbres opaques, je m'enfonçais jusqu'aux genoux comme dans une eau noire.
Fuyant le froid et la déception, j'ai marché ainsi jusqu'au soleil en lui tournant le dos.
Philippe pèlerin 2006 |